Quand Dieu travaille les coeurs

Texte principal : Marc 4.26-29

Thème retenu : Nous pouvons semer fidèlement la Parole, prier et témoigner, tout en laissant à Dieu l’œuvre profonde que nous ne pouvons ni produire ni accélérer. Cette méditation encourage particulièrement ceux qui attendent depuis longtemps un changement dans la vie d’un proche.

  • Quand Dieu travaille dans le secret

“Il en est du royaume de Dieu comme quand un homme jette de la semence en terre ; qu’il dorme ou qu’il veille, nuit et jour, la semence germe et croît sans qu’il sache comment.” Marc 4.26-27

Il nous arrive de prier longtemps pour une personne sans constater le moindre changement. Nous avons parlé de l’Évangile avec amour, partagé un verset, donné un témoignage ou adressé une parole d’encouragement. Pourtant, extérieurement, rien ne semble bouger.

Cette attente peut devenir douloureuse, surtout lorsqu’elle concerne ceux que nous aimons. Nous aimerions voir nos enfants, nos proches ou nos amis se tourner vers le Seigneur. Nous voudrions également constater davantage de maturité, de réveil et de désir de Dieu dans nos assemblées.

  • Devant cette absence apparente de changements, une question peut surgir : “Seigneur, est-ce que tout cela sert vraiment à quelque chose ?”

La petite parabole de Marc 4 nous apporte une réponse pleine d’espérance.

  • Semer ce que Dieu nous confie

Dans cette parabole, un homme jette de la semence en terre. Il accomplit une action simple, mais indispensable : il sème.

La semence représente ici l’œuvre du royaume de Dieu, étroitement liée à la Parole déposée dans les cœurs. Le semeur ne peut pas donner la vie à la graine. Il peut seulement la mettre en terre.

De même, nous ne pouvons pas convertir quelqu’un, ouvrir son cœur par nos propres forces, ni produire en lui une véritable repentance. Nous pouvons annoncer la vérité, aimer, prier, avertir avec douceur et vivre aussi fidèlement que possible devant lui. Mais la nouvelle naissance demeure l’œuvre de Dieu.

Cette réalité nous garde de deux dangers : le découragement et la volonté de forcer les choses.

Notre responsabilité est réelle, mais elle a des limites. Dieu ne nous demande pas de faire ce que lui seul peut accomplir.

 

  • Une œuvre que nos yeux ne voient pas

Après avoir semé, l’homme poursuit sa vie : “qu’il dorme ou qu’il veille, nuit et jour…”  Pendant ce temps, quelque chose se passe sous la terre.

À la surface, le champ paraît peut-être inchangé. Pourtant, dans le secret, la graine s’ouvre, prend racine et commence à croître.

Il en est parfois ainsi dans un cœur. Une parole entendue plusieurs années auparavant peut revenir à la mémoire. Un verset peut travailler silencieusement la conscience. Une épreuve peut faire tomber certaines oppositions. Une marque d’amour peut rendre crédible un témoignage jusque-là repoussé.

Nous ne savons pas tout ce que Dieu fait pendant que nous attendons.

Le silence de Dieu n’est pas nécessairement son absence. L’absence de résultat visible ne signifie pas que la semence est morte. Le Seigneur sait atteindre une conscience, rappeler une parole et préparer une rencontre au moment juste.

Cela ne nous autorise pas à déclarer avec certitude que chaque personne se convertira. La Bible prend au sérieux la responsabilité de chacun devant Dieu. Mais elle nous interdit aussi de conclure trop rapidement que toute espérance est perdue.

 

  • Une croissance progressive

Jésus poursuit :  “La terre produit d’elle-même, d’abord l’herbe, puis l’épi, puis le grain tout formé dans l’épi.”  Marc 4.28

La croissance décrite par Jésus comporte plusieurs étapes. Il y a d’abord l’herbe, puis l’épi, et enfin le grain mûr.

Nous voudrions souvent voir immédiatement le fruit achevé. Dès qu’une personne commence à s’intéresser à Dieu, nous attendons d’elle une compréhension complète, une foi affermie et une vie déjà transformée. Mais l’œuvre de la grâce connaît une progression selon la personne.

Cela est vrai pour ceux qui cherchent encore Dieu, mais aussi pour les nouveaux convertis. Une jeune pousse demeure fragile. Elle a besoin de lumière, de nourriture, de patience et de protection. On ne lui demande pas de porter immédiatement le même fruit qu’un arbre enraciné depuis longtemps.

 

  • Persévérer sans exercer de pression

L’impatience peut nous pousser à parler trop souvent, à multiplier les reproches ou à vouloir provoquer nous-mêmes une décision. Même lorsque nos intentions sont bonnes, notre insistance risque parfois de fermer le cœur de l’autre.

La foi ne se transmet pas par la pression. La vérité doit être annoncée, mais elle doit aussi être vécue. C'est pour cela que nous avons à porter du fruit afin que notre témoignage soit crédible !

  • Il existe un temps pour parler et un temps pour se taire, un temps pour exhorter et un temps pour écouter. Après avoir semé, nous devons souvent apprendre à remettre la personne entre les mains du Seigneur.

Ce repos n’est pas de l’indifférence. Nous continuons à prier et à aimer. Nous restons disponibles pour répondre avec douceur lorsque Dieu ouvre une porte. Mais nous devons renoncer à porter un poids qui ne nous appartient pas.

 

L’apôtre Paul l’exprimait ainsi :  “J’ai planté, Apollos a arrosé, mais Dieu a fait croître. 1 Corinthiens 3.6

 

  • La fidélité avant les résultats

 

Dans le royaume de Dieu, notre réussite ne se mesure pas uniquement aux résultats immédiats. Le Seigneur nous appelle d’abord à la fidélité.

Peut-être avons-nous semé sans encore voir la moindre pousse. Continuons à prier. Gardons un témoignage cohérent. Ne laissons ni l’amertume ni l’impatience abîmer la semence déposée.

Dieu connaît le terrain mieux que nous. Il connaît également le moment opportun. Ce qui nous paraît immobile peut déjà être travaillé dans le secret.

  • Notre part est de semer avec foi, d’arroser avec amour et d’attendre avec patience. La croissance, elle, appartient à Dieu.

 Prière

Seigneur, apprends-moi à semer fidèlement ta Parole sans vouloir prendre ta place. Lorsque je ne vois aucun changement, garde-moi du découragement. Donne-moi la sagesse de parler au bon moment, la douceur nécessaire pour accompagner les commencements et la patience pour attendre ton œuvre. Je te confie ceux que j’aime. Toi seul peux toucher profondément leur cœur et faire croître la semence ; pour ta gloire !  Amen.

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